Invasion des chenilles processionnaires

7 décembre 2017

Groupées en colonies, elles tissent un nid soyeux blanc où elles passeront l’hiver à l’abri du froid, situé dans les parties hautes des pins. A la fin de l’hiver, les chenilles quittent leur nid et descendent en procession s’enfouir dans le sol pour se transformer en chrysalides. C’est à ce stade qu’elles deviennent urticantes et provoquent des démangeaisons douloureuses.

La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), un insecte lepidoptère (papillon) est un redoutable ravageur des pins : Pin noir d’Autriche, Pin laricio de Corse, Pin laricio salzmann et Pin marime, ainsi que des cèdres.

Ce sont les chenilles qui provoquent une défoliation massive des végétaux. Les papillons femelles pondent environ 200 oeufs. Les chenilles apparaissent 30 à 50 jours plus tard. Elles sont fortement velues et mesureront jusqu’à 40 mm de long

Par arrêté municipal en accord avec le règlement sanitaire départemental, les propriétaires ou locataires sont tenus de supprimer mécaniquement les cocons élaborés par les chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pitycampa Schiff) qui seront ensuite incinérés chaque année, avant le premier jour du mois de mars.
Un traitement annuel préventif à la formation de ces cocons devra être mis en oeuvre sur les végétaux susceptibles d’être colonisés par les chenilles.

Pathologies occasionnées par les chenilles processionnaires

Le contact avec les soies urticantes de ces chenilles entraîne chez les enfants et les animaux des atteintes cutanées (érythèmes, plaques rouges, etc…) et des muqueuses (particulièrement grave chez le chien). Les poils urticants provoquent en effet chez l’homme des allergies pulmonaires ainsi que des irritations de la peau et des yeux.

Ces manifestations peuvent se compliquer de réactions générales chez les individus allergiques aux piqûres d’insectes.

Dégâts sur les pins et les cèdres

La prédation des aiguilles de Pins et de cèdre par les chenilles processionnaires, associée à une contamination fongique (champignon) peuvent également nuire à la vivacité de l’arbre et conduire à sa mort (d’où risques de chute pour les arbres de grande hauteur)

La processionnaire du pin occasionne au stade larvaire des dommages à l’automne et au printemps, les chenilles sortent la nuit de leur nid pour s’alimenter provoquant ainsi d’importantes défoliations. Les aiguilles attaquées sont entièrement consommées ou se dessèchent. Les conifères ont alors une croissance ralentie et deviennent sensibles aux attaques de ravageurs secondaires (type scolytes).

Comment lutter ?

La lutte contre la chenille processionnaire du pin ou du chêne varie en fonction du calendrier.

  • L’ Écopiège : le piége à chenilles processionnaire du pin
  • Le piège à Phéromone : le piégeage des papillons de la chenille processionnaire
  • La lutte biologique
  • Lutte chimique
  • L’Échenillage : Lutte mécanique

Le piégeage des chenilles processionnaires du pin : l’Ecopiège

Mis en place de décembre à avril, uniquement pour la chenille processionnaire du pin !

Ce piège à chenilles consiste à installer un dispositif directement sur le tronc de l’arbre infesté de nids.
L’écopiege est un système ingénieux et simple. Lorsque les chenilles vontquitter leur nid d’hiver et descendre du pin pour aller s’enterrer, les chenilles vont être canalisées dans la collerette de l’éco-piège et n’auront pas d’autre solution que de descendre dans le tuyau qui mène dans le sac rempli de terre. Là, elles vont croire qu’elles sont arrivées sur terre et elles font s’enfouirent dans la terre et se transformer en nymphe. Fin juin, il suffit de décrocher le sac et de le jeter.

 L’Éco piège est composé de trois parties

  • une collerette qui se fixe sur le tronc et qui s’adapte à la circonférence de celui ci
  • un tuyau qui relie la collerette et le sac récepteur de chenilles.
  • et enfin un sac rempli de terre où les chenilles font s’enterrer et faire leur nymphose pour devenir papillon.

Ce système n’utilise aucun insecticide, ni phéromone.

Le piégeage des papillons : les Pièges à Phéromone

Mis en place sur le pin de fin juin à mi-septembre, sur le chêne : de mi-juillet à mi-septembre.

Cette méthode consiste à installer des pièges à phéromone sexuelle directement dans les arbres.
Le piège suspendu aux branches basses du pin et sur les branche charpentières pour la processionnaire du chêne, diffuse l’odeur du papillon femelle (phéromone). Attirés par cette phéromone, les papillons mâles volent autour. Épuisés, ils finissent par tomber dans l’entonnoir où ils se retrouvent piégés et se noient dans le liquide versé au fond du seau.

La portée de la phéromone est de plusieurs dizaines de mètre.
L’avantages du piégeage est sa mise en place rapide et sans protection. Il est écologique et respectueux de l’environnement. Il permet aussi la détection, le suivi des populations et le raisonnement des stratégies de lutte.

Une fois la période de vol terminée, les pièges seront retirés et gardés, après nettoyage, afin d’être utilisés l’année suivante. Le piège en lui même est utilisable plusieurs années. On recommande de garder la phéromone dans son emballage d’origine, sans l’ouvrir, au réfrigérateur (3-5°C) jusqu’au moment de son utilisation. Dans le cas d’une utilisation à la prochaine saison le stockage au congélateur (-18°C) s’impose. Dans ces conditions, le produit peut être gardé pendant une période de deux ans.

La lutte biologique, pulvérisation d’un bio pesticide : le Bacillus thuringiensis

Mis en placesur le pin de septembre à novembre, sur le chêne en février/mars.

On pulvérise sur les aiguilles des résineux ou sur les feuilles des chênes un bioinsecticides : le Bacillus thuringiensis

La chenille est infectée lorsqu’elle dévore les parties de la plante arrosée par la bactérie. La bactérie produit des spores et des cristaux de protéines qui entraînent la libération d’une substance toxique dans l’intestin des chenilles. Cette substance leur corrode la paroi intestinale et a pour effet de paralyser les mâchoires de la chenille. Quelques heures après l’absorption du produit, la chenille ne peut plus s’alimenter puis meure quelques jours plus tard.

Le Bacillus est non toxique, ne laisse aucun résidu dans le sol ni sur l’arbre traité et est sans danger pour les animaux, les auxiliaires, les insectes pollinisateurs, les organismes aquatiques, les végétaux et les utilisateurs.

La lutte chimique

Mis en place sur le pin de novembre à avril, sur le chêne de mars à juin

Traitement à base d’insecticide homologué “espace vert”.
Il est préférable de réserver ces traitements à des interventions de faible ampleur (arbres isolés) ou de rattrapage éventuel.

La lutte mécanique : l’échenillage

Mis en place sur le pin de novembre à avril, sur le chêne de avril à août

 

 

 

 

 

Échenillage en nacelle / Échenilloire  /  Échenillage à la perche 

Il est indispensable de retirer les nids des arbres à l’aide d’un échenilloire sur une perche plus ou moins longue ou d’une nacelle si la hauteur des pins est importante afin de limiter les effets dues aux poils urticants qui se trouvent dans les nids et de diminuer les processions des chenilles entre mars et avril.

Un nid vide contient encore des millions de poils urticants et polluera l’environnement direct de l’arbre durant plusieurs années.

Méthode pour le pin :
S’équiper de protection intégrale : combinaison, masque, lunette, gants.
Après avoir humidifié l’arbre ou après une averse, couper le bout des branches touchées puis incinérer l’ensemble sans respirer les fumées.

Méthode pour le chêne :
Plus complexe que pour le pin en raison du positionnement des nids (aux intersections des branches sur les branches charpentières).
Nous recommandons la méthode du “brûlage”.
S’équiper de protection intégrale : combinaison, masque, lunette, gants, bande de protection aux poignées et dans le cou.
Après avoir humidifié l’arbre ou après une averse, utiliser une perche (minimum 8 mètres) muni d’un chalumeau, et brûler à distance le nid, une fois bien rouge, utiliser un grattoir (toujours à distance) pour le faire tomber.
Cette technique étant particulièrement délicate à mettre en oeuvre, nous vous invitons à nous contacter pour de plus amples renseignements ou conseils.

Favoriser le développement des prédateurs naturels : Les nichoirs à mésanges

La mésange, insensible aux poils urticants, est un prédateur naturel des chenilles processionnaires. En période de nidification, un couple de mésanges consomme jusqu’à 500 insectes par jour.

La méthode consiste à implanter des nichoirs à mésange prés des arbres susceptible d’être touché par les chenilles processionnaires.
Le nichoir doit être installé entre 2.5 à 3.5 mètre de haut sur le tronc, l’ouverture de 32 mm doit être exposé au sud-est à l’abri des vents dominants