Un barrage, pour quelles raisons ?

3 septembre 2021
Actualités / Environnement

La menace de la construction d’un barrage situé à 300 mètres du châter et à flanc de colline du quartier de bel air est toujours d’actualité. Avec ses dimensions irrationnelles, il détruirait l’une des plus belles forêts de l’ouest lyonnais.

Des aménagements… et un barrage !

Tout a commencé en 2001, lorsque le SAGYRC (Syndicat d’Aménagement et de Gestion de L’Yzeron, du Ratier et du Charbonnières) arrête son projet de lutte contre les inondations. Ce dernier prévoit des travaux de restauration, d’extension du lit de la rivière Yzeron, de réaménagement des berges et la création d’un barrage à Francheville pour la protection d’une crue dite centennale (1 probabilité sur 100 de se produire) et qui, n’a jamais été
constatée. Pour mémoire la dernière crue de référence, celle de 2003, est
trentennale (1 chance sur 30 de se produire).

Le projet du SAGYRC est de construire un barrage à proximité du chemin des Hermières et du viaduc de la SNCF, vers le chemin de Châlon et au pied du quartier de Bel-Air. Ce barrage mesurerait 25 m de haut soit l’équivalent d’un bâtiment de 8 étages et 195 m de long soit la taille de 2 terrains de football. Il ferait deux fois la taille de Buckingham Palace…

Des conséquences dévastatrices sur l’environnement

Un projet de cette envergure n’existe pas en France. Il serait implanté en zone urbaine à 300 mètres des premières habitations de Francheville. Ce projet nécessite l’abattage de 3000 arbres. C’est toute une forêt qui disparaitrait alors que la Métropole de Lyon porte des projets de végétalisation des bâtiments, des espaces urbains, voire de « reforestation ». Elle prévoit même de créer sept parcs d’ici 2030, tous de la taille de celui du parc de la Tête d’or.

Aujourd’hui, elle estime que 27% de son territoire est couvert par des arbres alors qu’à Francheville ce chiffre atteint 44%. Il convient donc de préserver ce patrimoine végétal.

Alors pourquoi détruire une forêt emblématique de l’Ouest lyonnais ? Ce
barrage fragiliserait la faune, la flore et les eaux stagnantes favoriseraient
la prolifération des moustiques tigres déjà très présents dans la région.

Pour des solutions alternatives

La ville s’érige contre ce projet qui date de plus de 20 ans et qui ne prend ni en compte les évolutions en matière d’ingénierie ni les dernières normes environnementales. De plus, le climat a évolué avec des épisodes de sécheresses plus fréquents. La ville demande l’étude sérieuse de solutions alternatives mises en oeuvre dans d’autres régions de France et d’Europe.

Qu’est-ce qu’un barrage sec?

Le projet de barrage du SAGYRC serait une retenue sèche. Cela signifie qu’il ne stockerait pas d’eau comme le font de nombreux barrages dits hydrauliques construits en France.

Le barrage sec retient temporairement le surplus des eaux pluviales. Pour le
Syndicat, le barrage de Francheville protégerait principalement les habitations de Sainte-Foy-Lès-Lyon et d’Oullins situées en aval et à proximité de l’Yzeron dont la majorité ont été construites en zone inondable.

Pour construire cet édifice en enrochement, une carrière à ciel ouvert à Bel
Air est prévue. Il nécessiterait, au coeur d’un vallon protégé, un prélèvement de 190 000 m3 de matériaux rocheux et argileux. Nous n’avons pas connaissance des risques et des nuisances de l’exploitation
d’une carrière à ciel ouvert de cette importance et aussi proche des habitations.

Michel RantonnetLe mot de Michel Rantonnet, maire de Francheville

Notre conviction n’a pas changé : nous sommes fermement opposés au barrage pour des raisons techniques, environnementales et
juridiques. Depuis 20 ans les techniques de protection contre les inondations ont évolué afin d’être conformes avec la législation. La dernière loi climat et résilience impose aux collectivités de nouvelles contraintes contre l’artificialisation des sols. Qui voudrait à 300 m de son habitation un mur de pierres de plus de 25 m de haut dans un champ de cailloux ? De plus, l’abattage de plus de 3000 arbres est une insulte à l’environnement. Il est nécessaire de garder des corridors écologiques, sans avoir à les reconstituer. Enfin, une décharge industrielle de taille très importante aux fondations précaires située sur ce même site serait fragilisée avec la construction d’un barrage.

Beaucoup d’habitants pensent que le projet du barrage est abandonné.

Ce projet a plus de vingt ans et il est sans cesse reporté ce qui prouve les incohérences de ce dossier. L’information a été déficiente sur ce barrage. Depuis 10 ans, nous informons régulièrement les citoyens lors de réunions publiques.

Pensez-vous que le SAGYRC peut encore changer de position sur la construction du barrage ?

Oui si le principe de la crue centennale est abandonné sachant que la plus grande crue connue à ce jour est la trentennale qui a eu lieu en 2003. Entre la crue trentennale et centennale, le SAGYRC doit mettre en oeuvre les solutions alternatives qui protègent nos arbres. Le SAGYRC a réalisé des travaux conséquents d’aménagement de l’Yzeron à Sainte-Foy-Lès-Lyon et à Oullins qui protègent les riverains d’une crue trentennale. Les travaux en cours à la Ruette Mulet permettront d’atteindre également ce niveau de protection. L’exécutif écologiste du SAGYRC et de la Métropole doit réexaminer ce dossier avant de prendre une décision définitive dans les prochains mois.

Vous êtes contre le projet de barrage à Francheville, faites-le savoir : https://tousantibarrage.com/